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Circoncision : point de vue du Rabbin Mendel Samama

Après les débats qui ont rythmé la récente session de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe, le Rabbin Mendel Samama partage son point de vue. 

Même si le rapport voté n’est que d’ordre consultatif, pour autant, les dégâts causés sont importants. Tout d’abord du fait de son impact dans l’opinion qui va faire créer en premier lieu une tendance politique à l’encadrement de la circoncision, puis à terme, rien ne pourra éviter l’étape suivante, celle de l’interdiction.

Car ne soyons pas dupe, si ce rapport ne parle pas encore d’interdiction de la circoncision, le fait de la placer sur le même plan que la mutilation génitale féminine n’est pas le résultat d’une maladresse bureaucratique, mais bien l’œuvre volontaire et délibérée de s’attaquer à cette pratique fondatrice du peuple juif. Il suffit de voir la façon dont ce rapport a été fait et la partialité de ses arguments. Cette partialité a été constatée également lors de l’audition du 28 janvier.

Les démentis du rapporteur concernant ses intentions d’interdiction ne sont pas convaincants.

Ce qui est également très dangereux dans l’esprit du rapport, et particulièrement du rapporteur, c’est le constat malheureux qu’on ne se cache pas de porter un jugement sur une pratique religieuse, ou encore d’estimer que ce n’est pas la pratique qui donne un sentiment d’appartenance à une religion. Quand il déclare avoir des amis juifs qui ne sont pas circoncis et dont l’identité juive ne fait pas débat, il sous-entend qu’au fond, la circoncision peut faire l’objet d’une interdiction sans remettre en cause la présence juive en Europe, c’est donc qu’il est possible d’être juif en Europe malgré l’interdiction de la circoncision. Il faut comprendre qu’il ne faut pas s’interdire d’interdire la circoncision. Ses intentions ne peuvent être plus claires.

Or, il y a là une intrusion du politique dans la sphère religieuse qui est inadmissible et contraire au fondement du principe de liberté de conscience. La politique n’a pas à porter un jugement sur la légitimité ou non d’une pratique religieuse, le franchissement du cordon sanitaire se fait dans une impunité totale.

Rabbin Mendel Samama