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Judaicia

Entretien avec Pierre Besnainou

Président du Fonds Social Juif Unifié (FSJU) et de l’Appel Juif Unifié de France (AUJF) depuis huit ans, Pierre Besnainou était à Strasbourg début décembre pour visiter l’antenne locale de ces deux institutions phares du judaïsme français. L’occasion de rencontrer les donateurs alsaciens également, et de faire le point avec eux. Pour le site cibr.fr et Echos-Unir, Pierre Besnainou a pris un peu de son temps pour répondre aux questions liées à la situation des associations juives en France et donner son point de vue sur l’état de santé du judaïsme hexagonal.

- Pourquoi cette visite à Strasbourg ?
- Il est important d’être proche des régions afin de mieux comprendre les besoins et mieux répondre aux attentes de tous. Deux fois par an, au moins, je suis présent dans chaque région où le FSJU et l’AUJF sont représentés. C’est toujours un plaisir de venir en Alsace car j’y trouve une communauté exemplaire : unie, qui sait réfléchir ensemble et qui échange avec beaucoup de modestie. C’est un modèle.

- Comment se porte le FSJU ici, en Alsace ?
- L’année n’a pas été simple car la crise touche tout le monde. Elle touche les donateurs mais aussi et surtout ceux qui ont le plus besoin d’aide. Malgré tout, l’AUJF poursuit sa mission comme dans le passé, à savoir soutenir les juifs où qu’ils soient, et qui ont besoin de nous. L’antenne alsacienne a organisé un voyage en Israël avec les élus qui démontre la crédibilité de nos représentants alsaciens, en termes de représentativité. Les actions menées par Laurent Gradwohl et ses équipes vont être renforcées en 2014.

 

« L’AUJF sera encore plus présent auprès des Israéliens » 

 

- En 2013, on a dit, ici ou là, que le judaïsme français était en crise. Partagez-vous ce point de vue ?
- Notre communauté est vivante, voilà tout ! Par rapport à ce qu’il s’est passé avec le Keren Hayessod, ce que je peux dire c’est que le FSJU est une institution stable, qui représente la colonne vertébrale de notre communauté car tout le monde s’y retrouve. La décision du Keren Hayessod de prendre son indépendance ne change en rien notre action ! Suite à cette décision, d’ailleurs, l’évolution logique de l’AUJF est d’être encore plus présent auprès des Israéliens. Mais, entre nous, cette décision est, à mes yeux, un non-événement.

- Cela ajoute toutefois une association de plus à toutes celles récoltant et sollicitant les donateurs.
- C’est vrai, aujourd’hui tout le monde vient collecter. En cela, je regrette la décision du Keren Hayessod, je le concède. Mais c’est leur décision de rompre l’accord que nous avions. Il est évident que la communauté juive de France n’avait pas forcément besoin de sollicitations supplémentaires.

 

« Les donateurs nous font confiance » 

 

- Les plans du FSJU et de l’AUJF s’en trouvent-ils modifiés ?
- Non ! Nous continuerons à aider les juifs de France et d’Israël, en toute transparence. Finalement, la décision du Keren Hayessod a du bon car, à présent, notre action en Israël devra se faire en direct avec la société et les associations israéliennes. En 2013, les donateurs nous ont fait confiance. Malgré la crise, l’année a été stable, en particulier à Strasbourg. Les neuf Présidents de région ont tous été sollicités pour collecter au nom du Keren Hayessod. Ils sont tous restés fidèles à l’AUJF ! Je pense, notamment, à Jacky Hess, que l’on connaît bien ici. Notre mission s’en trouve renforcée, c’est-à-dire d’être proche de ceux qui en ont le plus besoin.

 

« Pourquoi ne pas fusionner le Consistoire Central et celui de Paris ? »

 

- Fin novembre, Joël Mergui a été réélu à la tête du Consistoire de Paris. Selon vous, est-il constructif de cumuler cette fonction avec celle de Président du Consistoire Central ?
- Selon moi, c’est plus sain, oui. Ce serait une erreur d’avoir deux Présidents différents à la tête de telles institutions. Les risques de conflits ne seraient que plus importants. J’irais même plus loin : pourquoi ne pas envisager la fusion du Consistoire de Paris avec le Central ? Il faudrait avoir ce courage-là.
Quant à Joël Mergui, cela fait huit ans que nous travaillons ensemble sur différents dossiers. Je ne peux que me réjouir de cette collaboration et qu’elle se poursuive. C’est un partenaire exemplaire.

- L’année 2013 restera notamment marquée par cette affaire autour du Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim. Quelle lecture en faites-vous ?
- Dans cette épreuve, le Grand Rabbin a montré qu’il était un homme. Et comme tout homme, il peut commettre des fautes. Dans notre religion, les fautes se pardonnent. Je regrette que cela n’a pas été le cas de tous…

 

« Le FSJU doit-il récupérer la responsabilité de l’Allyah ? Je pense que non. » 

 

- Comment se déroulent les relations du FSJU avec le gouvernement français ?
- Nous avons en effet affaire à des interlocuteurs du pouvoir public sur des domaines divers et variés mais qui sont hors politique et religieux. Ces relations sont excellentes et ne souffrent pas du clivage gauche-droite. En ce moment, le débat porte sur la santé, et notamment sur la question des Maisons de retraite à caractère juif. Cette question est de plus en plus complexe, mais, avec les hommes politiques que nous rencontrons, nous avançons de manière intelligente et raisonnée.

- Qu’elle est la position du FSJU face au nombre croissant de juifs français partant s’installer en Israël ?
- Nous sommes une institution juive française attachée à Israël. Nous créons et participons à des voyages en Israël pour jeunes et moins jeunes. Notre rôle est que les juifs restent juifs et qu’ils vivent bien en tant que juifs en France. Quand ils font le choix d’aller vivre en Israël et qu’ils ont besoin de nous, nous sommes là aussi. Nous sommes profondément sionistes, nous ne pouvons le nier. L’Allyah est un choix individuel mais une responsabilité collective. D’ailleurs, avec la décision de l’Agence juive de ne plus s’occuper de l’Allyah, cela devient-il la responsabilité du FSJU ? Je pense que non, mais il faudra trouver une solution.