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Evènements en Israël : le discours du Grand Rabbin de France

Déclaration de Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, lors de la manifestation de solidarité avec l’Etat d’Israël, le 20 novembre 2012 à Paris.

« Comme beaucoup de juifs Français, nous avons de la famille et des amis en Israël, certains dans le Sud qui vivent depuis des années au rythme des tirs et des sirènes, la plupart qui, dans le Néguev, dans la région de Tel Aviv, et même à Jérusalem, ont découvert ou redécouvert le chemin des abris, le temps glacé de l’attente et le bruit proche ou lointain des explosions lorsque les sirènes retentissent sur ces villes, désormais sous les tirs de missiles.

Comme beaucoup de Français juifs, nous avons téléphoné à nos familles et nos amis en Israël. Ils sont, tous, profondément choqués. Ils sont tous profondément unis. Certains sont d’ailleurs ahuris à l’idée que les missiles aveugles tirés sur Jérusalem auraient aussi pu frapper la mosquée Al Aqsa, le Saint-Sépulcre, le mur des lamentations ou les quartiers arabes de la ville.

A nos familles, à nos amis, aux Français juifs et à l’ensemble de nos concitoyens, je veux dire, au nom de la communauté juive de France unie, notre profonde et totale solidarité avec l’Etat d’Israël en ces temps d’épreuves et de douleurs.

Je veux dire aussi ma sympathie à toutes les victimes de ce nouveau conflit, victimes israéliennes et aussi civiles palestiniennes, même si je ne suis pas naïf, même si je sais pertinemment que certaines des personnes mortes depuis une semaine m’auraient abattu sans hésiter, avec froideur ou délice, si elles en avaient eu l’opportunité, conformément à la charte du Hamas qui demande le meurtre de tous les Juifs.

Le rabbin que je suis n’est pas un stratège et, encore moins, un militaire. Comme beaucoup d’Israéliens et de Palestiniens, comme beaucoup de Juifs et d’Arabes, j’aspire à la paix et à la coexistence harmonieuse des peuples et des religions. Mais je n’aspire pas à une trêve dont Israël redoute qu’elle soit utilisée par le Hamas pour refaire son arsenal et perpétuer le cycle des violences.

Nous avons la chance de vivre dans un pays magnifique, la France, où la parole est libre, où le débat est une tradition, et où l’échange des points de vue trace le chemin vers la compréhension mutuelle.

Dans notre pays, j’appelle tous ceux qui souhaitent exprimer leurs convictions et leurs sympathies concernant ce conflit distant de plus de 3.000 km, à le faire dans le respect des Lois de la République, et en ayant le souci de l’autre. Si les événements en Israël et à Gaza sont évoqués dans les synagogues ou dans les mosquées, je souhaite que cela soit fait dans cet esprit, sans agressivité, ni transposition en France et, surtout, avec une pensée pour les populations civiles, qui souffrent de part et d’autre. J’adresse cette consigne à l’ensemble des rabbins de France et invite les autorités musulmanes à faire publiquement de même auprès de tous les imams de France.

Nous devons donner l’exemple en France de la coexistence, dissuader tous ceux qui pourraient être tentés par la haine et faire rempart contre les violences physiques et verbales qui ciblent le Juif parce que juif ou soutien d’Israël, et aussi l’Arabe parce qu’arabe. Notre combat commun, ici en France, est le combat contre la haine, contre la bêtise, contre le racisme et contre l’antisémitisme.

Solidarité avec l’Etat d’Israël et appel à ne pas importer en France les violences du Proche-Orient.

Tel est le sens de notre participation à la manifestation de ce jour. »