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Jean-Paul Kling : « Créer une osmose entre nous »

Nommé Président du Consistoire Israélite du Bas-Rhin le 9 février dernier, Jean-Paul Kling est entré de plain-pied dans ses nouvelles fonctions. Dirigeant communautaire depuis de longues années, ce patron d’industrie fait le point sur les objectifs de l’institution juive du Bas-Rhin et les chantiers en cours.

- Être Président du CIBR, cela représente quoi pour vous ?
- Je suis à la disposition de mes coreligionnaires depuis mon plus jeune âge. J’ai toujours évolué dans des associations de la communauté. Aujourd’hui, la motivation à remplir mes nouvelles missions est naturelle. Je connais cette institution et l’ensemble des acteurs. Je sais que la tâche qui nous attend, le Conseil du Consistoire et moi-même, n’a rien d’une sinécure mais j’ai le sentiment que c’est mon devoir d’être là, ici et maintenant.
Ce que je souhaiterais développer, plus que tout, c’est la solidarité entre nous, d’autant plus dans la situation que nous traversons. De notre côté, nous allons nous rapprocher des gens et rapprocher l’institution de nos membres. Il nous faut créer une osmose entre nous. C’est presque plus important que tout le reste.

- Justement, quels sont vos objectifs majeurs pour ce mandat ?
- J’aimerais transmettre à la jeune génération l’envie de s’investir pour les prochaines années et, surtout, leur transmettre une institution en bon état de fonctionnement. Aujourd’hui, un plan de restructuration a été mis en place, mais il ne suffira pas à résorber le déficit d’exploitation de notre Consistoire. Un gros effort est à fournir. Mais cela n’est pas propre à Strasbourg, les institutions juives en France éprouvent des difficultés financières, actuellement.
La vie communautaire ne va pas s’arrêter pour autant, bien au contraire. Nous allons proposer de nombreux événements à nos coreligionnaires pour mieux nous connaître et développer notre solidarité. Je pense, notamment, à l’accueil de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg à la Grande Schule, prochainement ; au retour des enfants de Zichron Menachem dans notre communauté, qui sera le temps fort de cet été ; la nouvelle édition du Shabbos Project ; plus tous les projets culturels, cultuels, musicaux, interreligieux, de la jeunesse portés par des personnes dévouées et pleinement investies dans la vie communautaire. La jeunesse, d’ailleurs, avec une offre très large (centres aérés, ateliers, événements) fonctionne très bien. Il faut encourager les efforts fournis par le Centre des Jeunes et les soutenir. Notre institution restera dynamique car elle l’a toujours été et que cela fait partie de ses missions, également.

« Maintenir ce niveau de sécurité » 

- Selon vous, comment en est-on arrivé à cette situation financière délicate et quels moyens pour en sortir ?
- Pendant de trop nombreuses années, nous avons vécu au-dessus de nos moyens. Nous avons essayé de compenser le déficit d’exploitation par des legs. Aujourd’hui, la gestion est véritablement serrée à tous les niveaux. Je souhaite rassembler un maximum de membres et d’associations vers notre communauté.
Les dossiers à travailler sont identifiés depuis quelque temps maintenant. Les relations avec la Hevrah Kadicha Metaarim doivent s’apaiser et nous devons construire ensemble pour mieux accompagner les familles. Le dossier du Rabbinat est majeur car avec l’âge avancé de certains de nos rabbins, il y a la nécessité d’un travail de fond afin de préparer l’avenir. Enfin, la cacheroute est un dossier central qui, normalement, devrait générer plus de remontées financières. Malgré le bon travail entrepris ces quatre dernières années, ce point n’est pas à la hauteur d’une ville comme Strasbourg et cela nécessite, par conséquent, une réflexion et des actions.

- Votre mandat a débuté en plein milieu d’événements graves et qui posent question sur l’avenir des juifs en France.
- Le mois de janvier a été particulièrement éprouvant pour tout le monde, inutile d’y revenir. Depuis, beaucoup de choses ont été mises en place et sont faites par les équipes du SPCJ pour la sécurité de nos membres. Les autorités locales sont allées dans le bon sens, selon moi. Je ne pense pas que l’on puisse faire beaucoup plus que ce qui a été fait jusqu’à présent. Il faut conserver et maintenir ce niveau de sécurité. Nous sommes en relation quotidienne avec les services de la Préfecture et de la Ville de Strasbourg. Nous avons affaire à des gens concernés, conscients de nos inquiétudes et compétents. Cela nous facilite la tâche.
Par ailleurs, nous ne resterons pas dans une position passive. La défense des intérêts de nos membres fait partie des actions essentielles du Consistoire, et le nouveau Conseil du Consistoire est pleinement conscient de sa tâche. Il nous faut combattre l’antisémitisme grandissant en agissant de manière concrète. L’interreligieux peut être une clé, l’éducation en est une autre aussi. Mais nous ne resterons pas inactif et nous ne nous contenterons pas d’être protégés par la Police et l’armée : il faut que nous fassions bouger les choses, nous-mêmes. Quand je parlais de solidarité, elle va s’exprimer aussi et surtout à travers ce point. Si nous ne sommes pas ensemble pour lutter contre ce fléau et combattre nos ennemis, cette bataille sera d’autant plus compliquée.

« Nous continuerons à faire vivre le judaïsme alsacien avec fierté » 

- Comprenez-vous l’inquiétude qui gagne beaucoup des membres de la communauté ?
- Oui, bien entendu. J’ai récemment reçu un message de Joël Mergui, Président du Consistoire Central. Je vais reprendre ses propos : « Face aux défis de ceux qui partent ce soir et demain, nous accueillons ceux et celles que nous ne connaissons pas ou peu en leur donnant envie de revenir comme on revient chez soi. » Aujourd’hui et demain, nous continuerons à faire vivre le judaïsme français, et notamment le judaïsme alsacien, avec fierté !

- Dans la situation actuelle, les relations avec les collectivités locales sont primordiales, n’est-ce pas ?
- Oui, en effet. Mais ces relations sont réellement au beau fixe, que ce soit avec la Préfecture, la Région Alsace, le Conseil Général du Bas-Rhin, la Ville de Strasbourg et même le Consistoire Central. Nous sentons tous ces acteurs très impliqués et proches de nos préoccupations. Ils veulent régler, avec nous, un maximum de choses pour faire avancer notre société.

 

« La façon de faire de Jean Kahn était la bonne » 

- Dernièrement, le nouveau Conseil du Consistoire a été dévoilé. Vous donne-t-il satisfaction dans sa forme actuelle ?

- Les choses sont en train de se mettre en place. Il est trop tôt pour tirer la moindre conclusion. Mais les choses se mettent en place comme je l’imaginais, oui. Cela correspond à ce que je souhaitais pour passer à l’action et obtenir des résultats concrets.

- Enfin, quels sont les dirigeants communautaires dont vous souhaiteriez vous inspirer ?

- Jean Kahn ! Sa façon de faire était certainement la bonne, à savoir des décisions collégiales et arbitraires quand il le fallait.