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Matinales du CRIF : André Reichardt parle du djihadisme

Invité par le CRIF Alsace pour animer une Matinale, ce lundi 13 avril, André Reichardt a présenté le rapport de la commission d'enquête sur "l'organisation et les moyens des réseaux djihadistes", dont il était le co-Président. Le Sénateur du Bas-Rhin dresse un constat forcément préoccupant sur cette question au coeur de la société actuelle.

- En quoi consistait le travail de la commission d'enquête ?
- Cette commission était composée de 21 sénateurs de tous les courants politiques. Dès le 9 octobre, et six mois durant, nous avons travaillé pour élaborer ce rapport. La décision avait été prise dès le 9 avril 2014. Nous devions formuler des propositions concrètes au gouvernement afin de l'aider dans ces démarches actuelles qui sont extrêmement complexes. Et nous avons présenté, il y a quelques semaines, un rapport contenant 110 propositions pour une réponse globale contre les réseaux djihadistes

- Quel est le diagnostic que vous avez pu établir ?
- Il est forcément épouvantable. Aujourd'hui, nous estimons à 10 000 le nombre d'Européens qui partent sur le "théâtre des opérations", que ce soit en Syrie ou en Irak, principalement. Nous avons dénombré 1 532 jeunes français impliqués (ce qui ne veut pas dire qu'ils combattent). Il n'existe pas un profil type. Ce sont majoritairement des musulmans, jeunes, issus de quartiers défavorisés mais pas uniquement. On trouve aussi un tiers de femmes ! Leur discours est, étonnament, un discours quasi-humanitaire. Ils disent rejoindre ces zones d'opération pour "aider les populations opprimées par le régime de Bachar El Assad"... On est loin des préoccupations de Charlie, là. En réalité, les motivations sont totalement irrationnelles. Et les motifs de retour sont étonnants. Certains se plaignent de torticolis pour rentrer se soigner en France... En tout cas, ces départs ne se tarrisent pas, bien autre contraire. Aujourd'hui, il y a 15 départs par semaine. Il y a 4 ans, Daesh comptait 1 000 combattants. Aujourd'hui, ils sont plus de 35 000 ! Nous avons plusieurs soucis pour l'identification des départs et des retours : on ne sait pas qui rentre et, surtout, ils utilisent la mer, la terre et l'air. C'est impossible à contrôler. Sans parler des moyens de Daesh que l'on peut estimer à plusieurs centaines de milliards de dollards, qui proviennent, essentiellement, du pétrole.

- Comment lutter, alors ?
- Nous avons formulé 110 propositions, donc. Evidemment, cela passe par l'école, par l'apprentissage de la citoyenneté, par une meilleure prise en compte de cette population en mal de reconnaissance, et en prévenant la radicalisation. Il faut, également, créer un contre-discours sur Internet car c'est, aujourd'hui, le vecteur n°1 de cette radicalisation. Aux Etats-Unis, 2 000 personnes à temps plein sont mobilisées pour contrôler le Net. En France, nous sommes 5... Il y a une véritable nécessité de faire cela à une échelle européenne. 
Il faut, de plus, procéder à une refonte singulière du service des renseignements, qui a été destructuré en 2008. Les anciens RG manquent actuellement. Idéalement, il faudrait tripler les effectifs du renseignement territorial et faire en sorte que la DGSE et la DGSI travaillent main dans la main.
Au niveau de l'Europe, le code frontière Schengen est, aujourd'hui, inopérant. Il faut absolument sanctionner les paus ne respectant pas ce code.
Seule, la France ne pourra rien faire. Il faut s'armer de beaucoup de patience car si résultat il doit y avoir, ce ne sera pas pour le court terme. En France, nous avons eu une prise de conscience du phénomène djihadiste, mais ce n'est pas le cas ailleurs en Europe. Et puis, autre problème épineux, cette lutte contre ce terrorisme et son organisation exige beaucoup de moyens...