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Rencontre avec… Olivier Guez

Né à Strasbourg il y a 38 ans, Olivier Guez est un enfant de la Communauté. Parti à Paris il y a quelques années et devenu journaliste, il a récemment sorti son quatrième ouvrage « American Spleen ». Un voyage au cœur du déclin américain remarquablement bien écrit et très instructif sur l’état de santé des Etats-Unis après la crise de 2009. Olivier Guez nous présente ce livre et nous parle, aussi, de ses attaches avec sa ville de naissance.

 

- Olivier, peux-tu nous présenter ton dernier ouvrage ?
- « American Spleen » est un triptyque. Dans un premier temps, je voulais explorer les « Tea Party », qui devient un véritable phénomène de société en Amérique et qui reflète, selon moi, beaucoup des Etats-Unis d'aujourd’hui. Ensuite, je cherche à comprendre comment les USA en sont arrivés là. Pourquoi Barack Obama n’est-il pas parvenu à rétablir un équilibre dans ce pays ? L’une de mes rencontres, au cours de ce voyage, m’a confié que, tout simplement, les Etats-Unis n’étaient prêts à gérer tout cela. Ils ne s’attendaient pas à vivre une crise économique d’une telle ampleur. Enfin, et c’est aussi un constat important, les grandes villes ne perçoivent que peu cette crise et les problèmes sociaux qu’elle engendre.

- De France, on entend effectivement de plus en plus parler des « Tea Party ». Quel est le poids réel et l’impact véritable de ce mouvement ?
- L’un de mes objectifs, au moment où je préparais ce voyage, était de comprendre comment et pourquoi une certaine droite avait pu et su surfer sur cette crise de 2009. Je suis donc allé à la rencontre de dirigeants et je les ai écoutés. Ce qui en ressort c’est que les Tea Party sont, aujourd’hui, l’expression de la colère très forte qui anime le peuple américain. Le poids et l’impact de ce mouvement sont sérieux.

« Les Américains ne savent pas où va leur pays » 

- Justement, quel constat as-tu pu dresser sur l’état de santé du peuple américain ?
- Il y a quelque chose de véritablement nouveau pour eux, c’est la peur du lendemain. Leur avenir les inquiète ! L’une des expressions, selon moi, de cette crainte est cet abandon physique flagrant. J’ai discuté avec certaines familles, certains jeunes couples. Ce sont des entretiens terriblement angoissants et déprimants. On perçoit de la mélancolie chez ces gens. Ils le disent : ils sont perdus et ne savent pas où va leur pays. Il y a eu le fiasco des récents conflits armés, les attaques de 2001… Ils se posent beaucoup de questions sur la destinée de leur pays et sur leur avenir individuel. Les Etats-Unis n’ont jamais renvoyé cette image de mélancolie. Avant, l’Amérique était battante, dominatrice. Aujourd’hui, tout cela est remis en cause et le peuple le vit très mal.
Alors, certains se réfugient dans des valeurs comme la religion, qui demeure très importante. Les Mormons, par exemple. Ils étaient considérés comme une secte il n’y a pas si longtemps. Désormais, c’est une religion, et une religion qui rassure les Américains. On le voit avec Mitt Romney, qui est un Mormon lui-même. Beaucoup d’élus, de chefs d’entreprise, d’acteurs s’affirment comme membre de ce mouvement. Mais les Mormons, c’est le culte du silence, un manque de liberté assez important. Ce sont des gens disciplinés, des soldats de la mondialisation. Et cela rassure…

- « American Spleen » est ton quatrième ouvrage. Aujourd’hui, te considères-tu plus comme un écrivain qu’un journaliste ? Pourquoi ?
-
Je me considère autant journaliste qu’écrivain : mes reportages me donnent des idées de livres, ils les nourrissent et les enrichissent. Dans mes livres, la frontière est d’ailleurs assez floue entre le journalisme et la littérature. Très souvent, au départ, je travaille comme un journaliste, j’enquête, je rassemble divers éléments. Ensuite, je passe à un travail d’écriture qui est plus littéraire.

« Je travaille à un roman qui commence un jour de kippour »

- Quelle est ta relation, aujourd’hui, avec Strasbourg et la Communauté ?
-
Je rentre de temps en temps à Strasbourg voir mes vieux parents. Quant à la communauté, je dirais que j’entretiens une relation assez lâche avec elle. Je n’ai jamais été un pilier de synagogue ! Plusieurs témoins et non des moindres vous le confirmeront, et ce dès les années 1980. Mais je suis toujours content de croiser certaines de ses figures. Ma communauté c’est davantage le salon du livre de la Wizo chaque décembre !

- Quels sont tes projets ?
-
Outre mes activités journalistiques, je travaille actuellement à un roman dont l’intrigue commence un jour de kippour à la synagogue séfarade de la bonne ville de S…

 

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Tout savoir sur Olivier Guez : http://olivierguez.com/