
Mes très chers amis,
Dès le début de notre Parasha, la Torah nous présente Noah en des termes extrêmement flatteurs :
נח איש צדיק תמים היה בדורותיו
« Noah était un homme juste, intègre parmi ses contemporains. »
Pourtant, lorsque Hashem s’adresse directement à lui, un peu plus tard dans notre Sidra, Il ne mentionne qu’une seule de ses qualités :
כי אותך ראיתי צדיק לפני בדור הזה
« Car c’est toi que J’ai reconnu juste devant Moi dans cette génération. »
Rashi en déduit le célèbre principe :
מקצת שבחו של אדם אומרים בפניו וכולו שלא בפניו
« On ne dit qu’une partie des éloges d’un homme en sa présence, et leur totalité en son absence. »
Le Mekor Baroukh de Seret Viznitz, dont nous venons de célébrer le Yortseit mardi, soulève une difficulté : Noah ne possédant que deux qualités, צדיק et תמים, D’ en n’en mentionnant qu’une seule devant lui ne fait donc pas une petite partie de son éloge, mais déjà la moitié !
Sa réponse est magnifique.
La Torah ne mentionne en réalité pas deux qualités, mais bien trois : איש, צדיק et תמים !
Car être un איש, savoir se comporter en homme en toutes circonstances, avec droiture, dignité et responsabilité, constitue déjà une qualité fondamentale, et même le préalable indispensable à toutes les autres.
Avant d’être un צדיק, un juste, avant de prétendre à la תמימות, il faut d’abord apprendre à être un איש, un homme !
Ainsi, lorsque Hashem qualifie Noah de צדיק, Il ne mentionne effectivement qu’une seule de ses trois qualités, omettant איש et תמים.
Mais au-delà de la subtilité du commentaire, le Mekor Baroukh nous livre une leçon essentielle : la grandeur spirituelle ne dispense jamais des qualités humaines les plus élémentaires. Elle doit, au contraire, prendre racine en elles.
On peut aspirer aux plus hauts degrés de sainteté, mais la première exigence de la Torah demeure de savoir être un איש.
Car avant de chercher à devenir un homme d'une grande élévation spirituelle, encore faut-il être un homme dans toute la noblesse du terme.
Que ce Shabbat Noah vous apporte beaucoup de sérénité.


