La symbolique du Chabbat
L’observance du Chabbat se présente sous la double face de Chamor et Zakhor : observer et se souvenir. Chamor désigne l’abstention de tout travail et le repos ; Zakhor, la sanctification positive du jour par les vêtements de Chabbat, les trois repas, le Kiddouch et la Havdala, la prière et l’étude de la Torah. Ces pratiques favorisent l’épanouissement de ce que les maîtres de la Kabbale appellent l’âme supplémentaire accordée au fidèle ce jour-là.
Aux trente-neuf travaux interdits, définis à partir des activités nécessaires à la construction du Tabernacle dans le désert, les Sages ont ajouté des interdictions rabbiniques. Diverses activités profanes ont ainsi été proscrites et les instruments servant à un travail sont déclarés mouktsé, retranchés de la pensée et de l’usage du jour.
Le vendredi
Avant l’entrée de Chabbat, la maison se prépare comme pour recevoir un hôte éminent. La table est dressée et les plats sont maintenus au chaud, traditionnellement sous une tôle couvrant une petite flamme ou, aujourd’hui, sur une plata électrique. Chacun revêt ses vêtements de Chabbat avant le crépuscule afin d’ajouter un peu du profane au sacré. Les lumières de Chabbat sont alors allumées et leur bénédiction fait entrer immédiatement Chabbat dans la maison.
Le vendredi soir
Aux accents des Psaumes 95 à 99 et du Lekha Dodi, la communauté se prépare à recevoir Chabbat. Son entrée coïncide avec le Psaume 92. L’office comprend Vechamerou, une Amida célébrant la sainteté du jour, puis le Kiddouch sur le vin, normalement destiné à la table familiale.
Sur la table, deux pains nattés, les hallot, sont recouverts d’un napperon près de la coupe de Kiddouch. Au retour de la synagogue, les parents bénissent leurs enfants, puis on chante Chalom Aleikhem et Échet Hayil. Après le Kiddouch et le lavage des mains, on rompt le pain et on le distribue aux convives.
La journée du Chabbat
L’office reprend la structure de celui de semaine, enrichie de psaumes et d’hymnes. La lecture de la Torah en est le centre. La Torah est divisée en cinquante-quatre sections correspondant aux Chabbatot de l’année la plus longue. Le rouleau est sorti et reconduit solennellement ; sept fidèles sont appelés, en principe d’abord un Cohen puis un Lévi. La lecture cantilée s’achève par le Maftir, puis la Haftara tirée des Prophètes. Le rabbin appelle la bénédiction divine sur la communauté, Israël et la République française, et Moussaf clôt l’office.
À la maison, un nouveau Kiddouch introduit le repas. Le Oneg Chabbat est un temps de douceur consacré au foyer, aux enfants et aux invités. Minha accompagne le troisième repas, Séouda Chlichit. Après Maariv, la Havdala marque la fin de Chabbat avec une coupe de vin, des épices odorantes et une bougie tressée. Des chants et la collation de Melavé Malka peuvent prolonger les adieux à la princesse Chabbat.
