
Proposé par
M. le Grand Rabbin
Harold Avraham WEILL

Mes très chers amis,
Une nouvelle fois, le peuple d’Israël subit une baisse de moral qui le conduit à se plaindre. À court d’arguments, semblant faire preuve d’une ingratitude plus prononcée encore que lors des épisodes précédents, il subit la colère d’Hachem.
Mais, à la différence des fois passées, la punition n’intervient pas par un phénomène surnaturel.
Ce sont des serpents brûlants 🐍 qui sont envoyés pour mordre le peuple.
Pourquoi ce changement brutal de méthode de la part de D’ ?
Pour le Rav Shimshon Refael Hirsch, la punition a toujours une vocation pédagogique et éducative.
Or, cette fois-ci, les Bnei Israël ne manquent de rien.
C’est, au contraire, l’absence de sensations et le sentiment de vivre une vie monotone, dans laquelle tout semble calculé d’avance, qui provoque leurs récriminations.
Le peuple veut connaître l’espoir et la déception, les joies et les peines.
Sans doute ont-ils fini par oublier le milieu terriblement hostile dans lequel ils se trouvent.
Le désert est truffé de dangers, mais la routine les a rendus invisibles.
Le ramassage de la manne n’apporte plus aucune sensation de bonheur, car elle semble tomber en terrain conquis.
Les serpents, présents naturellement dans le désert, viennent rappeler aux enfants d’Israël les miracles dont ils sont les bénéficiaires chaque jour.
En rendant les nuées protectrices perméables, D’ confronte Ses enfants à la réalité du désert 🌵 et redonne, paradoxalement, à leur vie toute la couleur dont elle avait été dépossédée.
L’emploi du Piel, forme factitive Vayeshalakh, plutôt que de la forme simple Vayishlakh, va dans ce sens.
Il suggère une volonté de faire envoyer quelque chose pour provoquer un éveil, pas seulement pour exécuter un acte.
Les choses les plus banales deviennent, tout d’un coup, une source d’émerveillement,
pour laquelle il faut savoir remercier son Créateur.
Quant à vous mes chers amis, que ce Shabbat Houkat vous apporte beaucoup de sérénité.


