
Proposé par
M. le Grand Rabbin
Harold Avraham WEILL

Mes très chers amis,
Le début de notre Sidra nous relate la naissance des jumeaux Essav et Yaakov. Lorsque ce dernier quitte le ventre de sa mère, le verset nous précise que « sa main attrapait le talon d’Essav ».
Le Lelover Rebbe pose une question éclatante :
Si Essav est déjà sorti en premier, si l’ordre de naissance est scellé, à quoi bon saisir le talon d’Essav ?
Même en s’agrippant à son frère, il ne changera plus rien : Essav restera le premier-né.
Alors pourquoi ce geste ?
Le Lelover Rebbe répond que cette interrogation même constitue la clé du verset.
Car l’homme d’Israël ne saurait se définir par l’efficacité prévisible de son action.
Le Juif n’agit pas en fonction du résultat attendu, mais en fonction de ce qui est juste, nécessaire, exigeant.
Son devoir est d’agir, d’investir, d’essayer, même là où tout indique que l’action sera vaine, même là où la logique dit : « Cela ne changera rien ».
Yaakov, dans ce geste qui semble inutile, révèle le moteur profond de l’âme juive : on ne renonce jamais !
On tente, on s’accroche, on se bat, même quand les chances sont nulles, même quand tout semble déjà joué.
Et c’est dans ce mouvement intérieur, dans cette fidélité à l’action même quand elle paraît vouée à l’échec, que se révèle, dès sa naissance, toute la grandeur de Yaakov et, par son truchement, toute la grandeur de l’homme d’Israël à travers les générations.
Son rôle n’est pas de calculer le résultat, mais d’agir avec la conviction absolue que chaque geste compte, même si lui n’en voit pas immédiatement l’effet.
En d’autres termes, un geste juste peut devenir fondateur même s’il n’est pas nécessairement couronné de succès, au sens où nous le comprenons.
Quant à vous chers amis, que ce Shabbat Toldot vous apporte beaucoup de joie et de sérénité


