
Proposé par
M. le Grand Rabbin
Harold Avraham WEILL

Mes très chers amis,
Notre Parasha s’ouvre sur le fuite de Yaakov vers Haran visant à le protéger de la vindicte de son frère Essav.
Le Sfat Emet relève un Midrash Tanhouma étonnant :
la fuite de Yaakov devant Essav est comparée à l’exil de quelqu’un qui a tué involontairement (שוגג).
Et la question est saisissante :
Pourquoi parler d’exil ? De quel « crime involontaire » s’agirait-il, alors que Yaakov n’a fait qu’accomplir la volonté d’Hachem et obéir à Rivka ?
Yaakov n’a évidemment commis aucune faute au sens propre du terme.
Mais lui, le איש תם, l’homme intègre, avait la capacité de rapprocher Essav. Contrairement à nous qui avons le devoir absolu de nous éloigner de toute forme et de toute source de mensonge.
C’est l’humilité de Yaakov qui l’a poussé à ne pas agir, considérant qu’il n’était pas en mesure d’élever son frère avec lui. Et c’est justement cela qui lui a été imputé comme une faute involontaire.
La frontière entre la fuite des responsabilités et la modestie ressemble à une ligne de crête.
On ne reproche pas à Yaakov un manquement moral mais une absence d’audace spirituelle.
Se croire trop petit peut parfois conduire à un exil intérieur dont les conséquences sont désastreuses.
Que ce Shabbat Vayetse nous permette de sortir de notre propre exil et d’en briser les frontières.


