Ticha Béav, תשעה באב, est le jour le plus triste du calendrier juif. Il commémore d’abord la destruction du premier Temple de Jérusalem en 586 avant l’ère commune, suivie de l’exil de Babylone, puis celle du second Temple en 70 de l’ère commune, suivie d’un nouvel exil.
Une succession de catastrophes
- La génération de l’Exode fut condamnée à ne pas entrer en Terre d’Israël après la faute des explorateurs.
- La forteresse de Betar fut détruite par les légions d’Hadrien en 135 de l’ère commune.
- Jérusalem fut dévastée et transformée en Aelia Capitolina par les autorités romaines.
- L’édit d’Édouard Ier bannit les Juifs d’Angleterre en 1290.
- Les Juifs furent expulsés d’Espagne en 1492.
- Les communautés juives subirent les persécutions des croisades.
- Six millions de Juifs furent assassinés pendant la Shoah.
Les cinq interdits
- Manger et boire.
- Se laver pour le plaisir.
- S’appliquer des crèmes ou huiles.
- Porter des chaussures en cuir.
- Avoir des relations conjugales.
À la synagogue
Les ornements sont retirés, les lumières abaissées et les fidèles s’assoient au sol ou sur des sièges bas. Après la prière du soir, le livre des Lamentations est lu sur une mélodie endeuillée, suivi de kinot et de versets de deuil.
Tradition
Le 9 Av conclut trois semaines pendant lesquelles les signes de réjouissance sont progressivement réduits. Le jeûne commence au coucher du soleil et dure jusqu’à la nuit suivante. S’il tombe Chabbat, il est repoussé au dimanche. Les adultes concernés observent les restrictions ; toute situation médicale appelle un avis médical et rabbinique.
L’étude de la Torah joyeuse est suspendue au profit des textes liés au deuil et à la destruction. Avant le jeûne, on prend la Séouda Hamafseket, repas de séparation frugal, assis sur un siège bas, traditionnellement composé de pain et d’un œuf dur ou de lentilles. À la fin du jeûne, on procède à l’ablution complète des mains sans bénédiction.



