Proposé par
M. le Grand Rabbin
Harold Avraham WEILL
Mes très chers amis,
Après l’expérience aussi bouleversante qu’exaltante de קריעת ים סוף, la traversée de la mer des joncs, les Bnei Israël connaissent une chute intérieure.
La Torah nous dit :
וילכו שלשת ימים במדבר ולא מצאו מים
« Ils marchèrent pendant 3 jours dans le désert et ne trouvèrent pas d’eau »
Ils ne manquent pas seulement d’eau, mais de מים au sens profond :
pas de renouvellement, pas d’élan, pas de projet qui donne envie d’avancer.
Hashem leur répond alors :
ויורהו ה׳ עץ
« Hashem lui montra un bois »
Le Izbitze Rouv dans son Mei Hashiloakh lit le mot עץ, bois, comme עצה, un conseil.
En d’autres termes, D’ ne se contente pas de corriger l’eau : Il enseigne une manière de vivre.
Sache que même ce qui te paraît fade, amer ou sans intérêt recèle une profondeur immense.
De manière forte intéressante, c’est précisément à מרה que le Shabbat est donné.
Cela renforce l’idée que l’on ne sert pas Hashem uniquement dans l’enthousiasme et l’intensité de l’action, mais aussi dans le repos voire dans l’arrêt.
L’eau devient alors douce par l’amer, et non malgré lui.
Ce qui fatigue, ce qui lasse, devient l’instrument même de la réparation.
En somme, Mara n’est pas un échec après la mer.
C’est l’apprentissage le plus subtil qui soit :
reconnaître la présence d’Hashem même quand la vie semble avoir perdu sa saveur et être capable d’y entendre un chant 🎶.
Un immense Mazal Tov à mes chers amis Kelly et Lionel Cahen ainsi qu’à leurs parents Alayne, Evelyne, Michel et Messod, pour la Bar Mitsva de Nathan et Yoel.
Qu’ils restent toujours aussi joyeux et vous apportent beaucoup de Nahat.
Ce Dvar Torah est également dédié à la mémoire de notre chère Ruby Tapiero ע״ה capable de capter la shira dans tous les moments de sa vie, ainsi qu’à notre cher Michel Maimaran dont nous célébrerons le 1er Yortseit le soir de Tou Bishvat et qui a chanté jusqu’à son dernier souffle.
Je le dédie également avec une émotion toute particulière à notre cher Ilan Halimi הי״ד assassiné il y a exactement 20 ans par des barbares antisémites assoiffés de sang le jour de Tou Bishvat. Nous ne t’oublions pas !
Que ce Shabbat Beshalakh Shira nous permettent de réaliser notre propre traversée de la mer, au son du Cantique.