Bat Mitsva

Mazal Tov !

Vous vous préparez à célébrer votre Bat Mitsva ? Vous organisez la Bat Mitsva de votre fille ? Vous vous sentez curieuse, dépassée, excitée, inquiète ou incertaine ? 

Cette page est faite pour vous ! Elle vous aidera à comprendre l’importance de cette importante étape et vous guidera à travers la période de préparation.

Bienvenue, et mazal tov pour votre célébration prochaine !

La Bat Mitsva :
ce que c’est & comment la célébrer

Devenir Bat Mitsva, tout ce qu’il faut savoir

Définition

Bat mitsva, בת מצווה, signifie en hébreu : « fille du commandement », de même que Bar Mitsva se traduit par « fils du commandement ».

La religion juive considère en effet que la jeune fille âgée de douze ans est capable d’assumer ses responsabilités vis-à-vis de D. et d’autrui. Elle se trouve, à partir de ce moment, soumise à la loi et devient un membre à part entière dans la communauté.

En dehors du fait que le Talmud évoque la tenue d’une séouda, ou repas de fête (Traité Kiddouchin 31a), pour marquer l’entrée de l’enfant dans le monde des mitsvot, commandements ; la loi juive ne fait référence à aucune cérémonie pour célébrer la majorité religieuse, pas plus pour le garçon que pour la fille !

Elle relève simplement le fait, qu’à partir de l’âge de 12 ans et un jour, avec l’apparition des premiers signes pubertaires, la jeune fille est appelée guedola, grande : son père ne peut plus annuler ses vœux et elle est tenue pour responsable de ses décisions et de ses actes (Michna Nida 5,6 et 6,11 Tossefta Haggiga 1, 3)

Du fait du peu de tradition engrangée en ce domaine et ne disposant d’aucune cérémonie instituée à laquelle se référer, aucun corpus rituel, aucune liturgie précise sur laquelle se baser, chaque jeune fille, chaque famille, chaque communauté exerce sa créativité.

Chaque Bat Mitsva va être l’occasion de façonner une célébration originale et personnelle qui met l’accent sur des valeurs et des contenus en résonance avec la personnalité, la sensibilité, les centres d’intérêt de l’adolescente, son histoire et les traditions familiales.

Qu’est-ce qu’une Bat Mitsva ?

Vous êtes probablement plus habituée à employer le terme « Bat Mitsva » pour faire référence à la célébration, mais en vérité c’est vous qu’il désigne : la jeune fille Bat Mitsva. Bien que, dans la société, vous n’êtes même pas encore une adolescente, selon la loi juive, une fille est considérée comme adulte dès l’âge de douze ans. Le jour de votre douzième anniversaire, vous devenez officiellement une « Bat Mitsva », une « fille des mitsvot » (mitsvot est le pluriel de mitsva), c’est-à-dire une fille désormais astreinte à l’observance des mitsvot. Toutes les mitsvot que vous avez faites jusqu’à maintenant étaient seulement une préparation ; maintenant, c’est pour de vrai.

Comment une Bat Mitsva est-elle célébrée ?

Dès que vous atteignez l’âge de douze ans, vous devenez une Bat Mitsva, une adulte juive. Beaucoup choisissent de célébrer cet événement avec famille et amis, mais même si une fille ne fait rien du tout pour marquer ce jour, elle devient quand même une Bat Mitsva.

Préparation et étude

Vous avez peut-être été à des célébrations de Bat Mitsva d’amies ou de sœurs. Celles-ci ont pu varier en taille, depuis les rassemblements à la maison jusqu’à de somptueuses soirées dignes d’un mariage. Il est devenu de plus en plus fréquent ces dernières décennies de faire de grandes fêtes, mais il est important de se rappeler qu’une Bat Mitsva est beaucoup plus qu’une simple fête.

Le Bat Mitsva est un maillon important d’une chaîne continue d’expériences religieuses et spirituelles, et l’aspect le plus important de cette étape est l’impact et l’effet à long terme que cette expérience aura sur l’identité juive de cette jeune fille. Vos préparations doivent refléter cet objectif et ne pas être dominées par des questions moins importantes.

Les mois qui précèdent la Bat Mitsva sont un bon moment pour en apprendre davantage sur les mitsvot et sur le comment et le pourquoi de leur accomplissement. C’est une période idéale pour développer votre propre relation personnelle avec le judaïsme et avec D.ieu.

Bien sûr, il est impossible de tout couvrir en quelques mois. La meilleure préparation pour une vie juive enrichissante et pleine de sens est une éducation dans une école juive, ou bien un programme extrascolaire dans le cadre d’un Talmud Torah, par exemple.

Mais, quelles que soient vos connaissances préalables, vous pouvez trouver un centre ‘Habad près de chez vous qui propose des cours pré-Bat Mitsva. Ce centre aura peut-être un « Club Bat Mitsva » proposant des activités passionnantes, toutes centrées sur le thème de devenir une Bat Mitsva. Rejoindre une classe ou un club vous aidera à vous préparer pour le grand jour en compagnie d’autres filles comme vous.

Projet Mitsva

Une Bat Mitsva marque le moment où une fille devient responsable de l’accomplissement de centaines de mitsvot. Cela peut paraître assez impressionnant ! De nombreuses jeunes filles trouvent intéressant de choisir une mitsva sur laquelle se concentrer. Bien sûr, cela ne signifie pas de négliger les autres mitsvot. Mais en choisir une pour un « Projet Mitsva », l’étudier en profondeur et développer une relation personnelle avec elle peut être une merveilleuse façon de se préparer à sa Bat Mitsva.

Ce projet peut être dans le domaine de la bienfaisance, comme une collecte de charité, ce qui encourage la tradition juive du ‘hessed (bonté), ou ce peut être une mitsva plus individuelle, comme la prière quotidienne. Vous pouvez également combiner deux mitsvot, comme la charité et la cuisine casher, et préparer et distribuer des repas à des nécessiteux. Quelle que soit la mitsva qu’une jeune fille choisit, elle retirera certainement une grande satisfaction de ses efforts.

Mitsvot féminines

Dans votre étude sur les mitsvot, assurez-vous de consacrer un peu de temps supplémentaire aux mitsvot qui sont données spécifiquement aux femmes.

Deux de celles-ci que vous pouvez faire sont d’allumer les bougies de Chabbat et de prélever un morceau de pâte – appelé « ‘hallah » – en faisant du pain.

Les filles peuvent allumer les bougies de Chabbat dès l’âge de trois ans, mais certaines attendent jusqu’à leur Bat Mitsva pour commencer. Si vous n’avez pas allumé les bougies de Chabbat jusqu’à présent – ou si vous avez choisi d’attendre – le Chabbat le plus proche de votre Bat Mitsva est un bon moment pour commencer.

Même si vous allumez déjà les bougies de Chabbat, c’est un moment idéal pour en apprendre davantage sur l’importance de cette belle mitsva.

Certaines filles incluent la cuisson de ‘hallah à leur célébration de Bat Mitsva pour faire la mitsva de séparer la pâte pour la première fois en tant que femme. Pour en savoir plus sur la mitsva de ‘hallah, cliquez ici.

Enfin, bien que la prière ne soit pas une mitsva spécifiquement féminine, elle a un lien particulier avec les femmes. Ce fut d’ailleurs une femme qui nous a appris comment prier. En vous préparant pour votre Bat Mitsva, prenez le temps de vous renseigner sur la mitsva de la prière, de réfléchir à ce que la prière signifie pour vous, et ménagez un peu de temps dans votre emploi du temps chargé pour parler à D.ieu.

Donner du sens

Il est important de vous assurer que le jour même de la Bat Mitsva soit plein de sens pour la jeune fille Bat Mitsva. Certaines consacrent en ce jour une heure ou deux (ou plus) à aider les autres. Cela peut être sous la forme d’une visite dans une maison de retraite ou d’aide dans une organisation bénévole. La Bat Mitsva peut inviter quelques amis à y participer, et cela permettra de donner le ton de cette journée et de lui faire ressentir son importance.

La fête

Les célébrations de Bat Mitsva varient de l’une à l’autre, et il n’y a pas de règle absolue en la matière. Certains préfèrent une petite réunion en famille, d’autres prévoient une grande réception. Mais quel que soit votre budget, assurez-vous que les invités aient conscience qu’il ne s’agit pas seulement d’une fête d’anniversaire améliorée. Donnez plus de sens à la célébration en soulignant l’importance du discours de la Bat Mitsva, en parlant aux invités du « Projet Mitsva » et en les invitant à faire une mitsva eux-mêmes, comme celle de donner la tsédaka (charité – certains disposent des boites de tsédaka sur les tables à cet effet).

 

Le discours de Bat Mitsva

Quand une jeune fille célèbre sa Bat Mitsva dans le cadre d’une réception, il est de coutume qu’elle prépare un discours.

Ce discours peut être un enseignement découlant de la lecture hebdomadaire de la Torah, ou n’importe quelle idée de la Torah qui lui parle particulièrement. Beaucoup de filles choisissent de faire une recherche sur une femme importante de l’histoire juive pour partager avec ses invités certaines leçons de sa vie. Le discours encourage la jeune Bat Mitsva dans la tradition juive de partager la Torah que l’on a apprise avec les autres.

Le discours est aussi l’occasion idéale d’annoncer son « Projet Mitsva » et de remercier les parents, la famille et les amis.

 

Les cadeaux de Bat Mitsva

Il est de tradition d’offrir à la jeune fille Bat Mitsva des livres ayant une valeur religieuse ou éducative, des objets religieux, des bons d’achat ou de l’argent. Les dons monétaires en multiples de 18 sont considérés comme particulièrement favorables et sont devenus très courants pour une Bat Mitsva.

Si une jeune fille commence à allumer les bougies de Chabbat après sa Bat Mitsva, ses parents ou ses grands-parents lui achètent souvent un joli chandelier.

Après la Bat Mitsva

Alors que la Bat Mitsva elle-même constitue une étape extrêmement importante dans la vie d’une jeune fille juive et nécessite évidemment étude et préparation, elle ne doit pas être considérée comme une « certification de fin d’étude » du judaïsme, mais plutôt comme le brillant début d’une vie juive dynamique et enrichissante. Elle n’a pas fini d’observer les mitsvot, elle ne fait que commencer !

La Bat Mitsva dans l'histoire

C’est à Jacob ETTLINGER (1798-1871), Grand Rabbin d’Altona en Allemagne, que l’on doit les premières cérémonies de Bat Mitsva orthodoxes, au milieu du XIXe siècle. Il rédigea même des sermons pour ces occasions solennelles. Cette pratique fut approuvée à la fin du XIXe siècle par un grand décisionnaire séfarade : le H’ah’am Yosseph Haïm de Bagdad surnommé le Ben Ich Haï, qui, en 1898, préconisa l’instauration de cette coutume, avec la tenue d’une séouda (repas de fête) et la récitation de la bénédiction du Chéhéh’éyanou .

Mais le chef de file de cette avancée qu’est la célébration de la Bat Mitsva est le Grand Rabbin ashkénaze Yehiel Yaacov WEINBERG (1878-1966). Dans ses prises de position sur le sujet, il démontre le pouvoir qu’a le décisionnaire de donner un statut halakhique à une célébration nouvelle, malgré l’absence d’un minhag ou coutume qui l’aurait précédée.

Développant une argumentation à caractère sociologique éducatif et éthique, le Rabbin WEINBERG soutient que cette célébration renforcera chez la jeune fille la conscience et l’amour de la Torah et le sentiment de fierté d’appartenir au peuple juif. Il écrit dans l’un de ses responsa : 

« La raison et les exigences pédagogiques nous mettent quasiment dans l’obligation de fêter pour la fille également, son passage vers la responsabilité face à la loi juive. Et la discrimination que l’on fait entre les garçons et les filles au sujet de cette cérémonie, blesse profondément le sentiment humain de l’adolescente, elle qui dans tant d’autres domaines, a déjà gagné son émancipation »

Le Grand Rabbin séfarade d’Israël, Yizhak NISSIM (1896-1981), a lui fait jurisprudence : s’appuyant sur le Ben Ich Haï, il a décrété que la fête organisée à cette occasion est considérée comme une séoudat mitsva. 

Le Rabbin Obadia YOSSEPH, ancien Grand Rabbin séfarade d’Israël, en a entériné la décision. Dans le sillage du Rabbin WEINBERG qu’il cite dans ses responsa, il justifie le h’idouch (renouvellement) de cette célébration, par la prise en compte et la juste évaluation des mutations sociales. L’absence de coutume antérieure pour lui non plus n’est pas un frein.

« Le fait d’empêcher la célébration de la Bat Mitsva va dans le sens de ceux qui critiquent les sages d’Israël et les accusent de défavoriser les filles d’Israël, de faire des discriminations entre les garçons et les filles »… « Il est recommandé de dire ce jour-là des paroles de Torah, de chanter, de remercier D., lors d’une fête organisée pour la Bat Mitsva, qui est alors considérée comme une séoudat Mitsva »

Et dans un autre responsum il écrit :

« Il est de règle de célébrer pour la fille comme pour le garçon leur entrée dans le monde des mitsvot (commandements), par une fête et un repas » […]

« La jeune fille est soumise aux mitsvot à partir de ce jour, il est donc une mitsva d’en faire un Yom Tov (jour de célébration)».

Citons aussi le Grand Rabbin séfarade d’Israël, le Rabbin Ben-Tsion Meir Haï OUZIEL (1880-1953) qui, déjà en son temps, se montra très favorable à l’idée de cette célébration. Il joua de manière générale un rôle décisif pour l’évolution du statut halahique des femmes dans la société israélienne.

Sur les traces du Ben Ich Haï, le Rabbin Amram ABOURABIA, ancien président du tribunal rabbinique de Petah Tikva, salue la popularité grandissante de la célébration de la Bat Mitsva dans les communautés et la qualifie de minhag tov, bonne coutume. On remarquera au passage que, contrairement à l’idée reçue, ce sont les décisionnaires séfarades de notre génération, qui, lorsqu’ils établissent la halakha, adoptent les positions les plus novatrices et les plus en phase avec les réalités sociologiques, en particulier en ce qui concerne les changements intervenus dans le statut des femmes dans la société moderne.

Besoin d'aide

N'hésitez pas à nous contacter !

Recevez notre newsletter