Proposé par
M. le Grand Rabbin
Harold Avraham WEILL

Mes très chers amis,
Parmi les très nombreux sujets abordés dans notre Parasha, il est question de sacrifices.
“לא תזבח לה’ אלקיך שור ושה אשר יהיה בו מום”
Tu ne sacrifieras pas à Hachem ton D’ un bœuf ou un agneau qui aura un défaut.
Le verset semble simple : on n’a pas le droit d’offrir en sacrifice un animal blessé, boiteux, ou malformé.
Mais un détail interpelle le Or Hahaïm Hakadosh :
Pourquoi dire “אשר יהיה בו מום” « qui aura un défaut » (au futur) ?
S’il est déjà abîmé, il est interdit. S’il ne l’est pas encore, pourquoi serait-il concerné ?
Le Rav Tsvi Elimeleh de Dinov dans son Igra Dekala nous propose une réponse Hassidique.
Il parle ici de situations où l’animal est encore entier, encore “offrable”,
mais pour des raisons halakhiques ou contextuelles, il est destiné à devenir invalide.
On sait qu’il ne montera jamais sur l’autel. On sait qu’on le laissera dans les pâturages, jusqu’à ce qu’il ait un défaut, pour pouvoir ensuite le racheter et s’en défaire.
Il est encore intact…mais sans avenir dans la maison d’Hashem.
Et la Torah vient nous dire :
Même cela, tu ne peux pas l’amener devant D’.
Ce n’est pas uniquement l’état physique qui compte mais la direction intérieure.
Si quelque chose est déjà voué à être disqualifié, même en bonne santé, il est spirituellement inapte.
Dans nos vies aussi, il y a des engagements, des projets, des actes, des relations,
qui sont encore fonctionnels extérieurement, mais intérieurement déjà voués à l’épuisement ou au déséquilibre.
Parfois, on continue à offrir des “sacrifices” :
du temps, de l’énergie, des émotions,
à des causes que l’on sait déjà non alignées avec nos valeurs profondes,
ou que l’on sait ne plus avoir d’avenir.
La Torah nous met en garde : לא תזבח. Ne les offre pas !
L’honnêteté intellectuelle exige que tu n’apportes sur l’autel de ta relation à D’ quelque chose de bancal et qui n’est en réalité, déjà plus animé par la sincérité, par la vie !
En ce début du mois de Eloul, ce refus de l’hypocrisie et d’une spiritualité artificielle prend tout son sens !
Un immense Mazal Tov à Deborah et Dany Hirsch ainsi qu’à leurs parents pour la naissance de leur fils.
Un immense Mazal Tov à mon cher collègue le Rabbin Ariel Rebibo ainsi qu’à son épouse Rina et à toute la famille pour le mariage de leur fils David avec Yehoudit ce mardi à Bnei Brak.
Quant à vous chers amis, que ce Shabbat Shoftim vous apporte beaucoup de sérénité et de joie.